Privatisation de ST en Italie ? Danger !

mardi 26 novembre 2013, par fennec

Le gouvernement italien a annoncé jeudi 21 novembre son intention de céder un certain nombre de participations détenues dans diverses entreprises, dont STMicroelectronics.
 

L’objectif serait De « diminuer la dette ». Sur le plan global l’absurdité de cette mesure apparaît quand on sait que ces privatisations correspondent à environ 0,3% du PIB italien alors que la dette s’élève à 133% de ce PIB.Sur les 2000 milliards € de dette publique, 700 sont détenues par des fonds spéculatifs, 100 Md € sont detenues par la Banque Centrale Européenne, 50 Mds pour les banques françaises et 40 Mds pour les banques allemandes. En fait, l’Etat Italien compromet un peu plus son secteur industriel pour pouvoir rembourser les banques et les fonds d’investissements, qui sont les responsables de la crise actuelle !

Cette mesure aurait de graves conséquences pour STMicroelectronics car la vente de la part italienne détruirait le pacte d’actionnaires en vigueur entre l’Etat italien et l’Etat français, pacte qui protège notamment l’entreprise contre des OPA. Elle accentuerait les risques d’éclatement et de repli vers une stratégie de niche de STMicroelectronics. Avec toutes les conséquences probables sur l’emploi.
 
Cette éventuelle sortie de l’Etat italien irait complètement à contre sens des discours tenus en mai 2013 par la commission européenne, discours prétendant redévelopper la micro-électronique en Europe. En Italie, plusieurs réactions syndicales et politiques se sont produites face à cette annonce, qui nie toute politique industrielle.

Nous espérons que le gouvernement italien n’ira pas jusqu’au bout de cette annonce de retrait.
Mais il est clair que le fait même qu’on puisse faire de telles annonces montre la dangerosité des politiques d’austérité basées sur l’impératif de la « réduction de la dette ». 
 
La micro-électronique est l’industrie de base des nouvelles technologies et l’Europe y a pris un retard énorme. La CGT estime qu’il faut au contraire renforcer la présence et la coopération des Etats dans ST, et renforcer le soutien public, des Etats et de l’Europe, à la micro-électronique. En reprenant les investissements industriels et les embauches et en revenant dans les principaux secteurs de cette industrie, dont beaucoup ne sont plus - ou peu- couverts en Europe.
 
La CGT, à l’unisson des syndicats italiens, souhaite le maintien de la participation paritaire des Etats. Mais si l’Etat italien faisait le choix négatif d’un retrait, la CGT demande au gouvernement Français de reprendre les parts qui seraient cédées pour que soit conservé un actionnariat étatique suffisamment fort

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